Petit Quotidien
Tu aimeras ton prochain comme toi-même
C’est ce célébrissime verset de la Bible que nous avons choisi le mois dernier pour notre célébration au temple de Cologny, rassemblant des communautés de bonne volonté : juive, chrétiennes protestante et catholique, musulmane et bahaïe. Ce verset de la Bible hébraïque est cité par Jésus comme étant essentiel après cette invitation : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force. »Qui est ce prochain que je devrais aimer ? Ce mot « prochain » fait penser à un de mes proches. Seulement, cette phrase a été dite en hébreu où le « prochain » est tout autre chose : c’est par définition une personne qui a le même berger que moi. Or, le monothéisme de la Bible affirme que tous les humains ont le même créateur, le même berger qui prend soin de chacun. Avec ce « Tu aimeras ton prochain », nous voilà donc avec des milliards de prochains qui nous sont confiés pour que nous les aimions ! Personne ne peut nous en vouloir de ne pas y arriver. En même temps, cela nous interroge sur notre vocation personnelle : parmi toutes ces créatures, n’y en a-t-il quelques-unes que je me sentirais appelé à aimer ? C’est à discerner par l’intelligence, comme le dit Jésus, mais aussi parle cœur, par mon élan vital (mon âme), et par des actes concrets (y consacrant de ma force, de mes moyens, de mon temps) ?« Aimer », ici, ce n’est pas le verbe qui parle de ce qui attache des amis, des amoureux ou une famille : aimer, c’est ici se soucier d’une personne pour qu’elle se porte mieux. Si l’on a évidemment peu de sympathie pour une personne faisant du mal, il est bon que quelqu’un se soucie du fait qu’elle se civilise un peu.« Aimer mon prochain comme moi-même » est une question éthique que Jésus rattache donc à une question profondément spirituelle : écouter Dieu, aimer Dieu. Car, en réalité, nous avons tous du mal à nous domestiquer nous-mêmes pour devenir la personne aussi bienfaisante que nous aimerions être. Il n’y a qu’à voir les difficultés qui agitent le monde, nos sociétés jusque dans nos familles. Comment soigner cela ? C’est d’abord une question spirituelle, répond ici Jésus : nous avons besoin de ce souffle du Créateur pour nous élever au-dessus de nous-mêmes. Nous avons ainsi besoin de prendre soin de nous-mêmes pour nous laisser aimer et soigner par Dieu. La prière, jour après jour, devrait nous aider grandement pour cela.
Pasteur Marc Pernot

(pour netbank)