Editorial du « Petit Quotidien » d’octobre 2021

Socrate dit qu’il s’est inspiré du métier de sa mère pour enseigner : elle était sage-femme et Socrate cherchait à nous faire accoucher de notre propre pensée. C’est comme si nous étions déjà génial et qu’il fallait seulement que cela puisse sortir et s’épanouir. Cet encouragement à accoucher de nous-même et d’en prendre soin se trouve dans bien des récits de la Bible :

D’abord dans la Genèse quand Dieu dit à Abraham de se mettre en route, il lui dit littéralement « Va vers toi-même ». C’est une bénédiction qui lui permettra d’être lui-même une bénédiction pour l’humanité. Nous sommes tous et toutes cet Abraham.

Ensuite avec l’histoire de Moïse. La traversée des eaux et les quarante années dans le désert parlent aussi d’un accouchement : celui d’un peuple arrivant à la vie. En effet, le nombre quarante évoque le temps d’une gestation humaine. Il semble que rien n’avance alors qu’en profondeur une nouvelle façon d’être se constitue et viendra bientôt à la vie, comme un enfant qu’il faudra alors nourrir de lait et de miel.

Puis dans ce dialogue avec Nicodème où Jésus nous encourage à naître de nouveau —ce qui en grec signifie également naître d’en haut— naître à une vie augmentée, animée d’un souffle de bienveillance et de créativité.

Enfin, c’est l’apôtre Paul qui dit que la création tout entière souffre les douleurs d’un accouchement. Cela nous invite à prendre en compte les difficultés du temps présent pour les soulager, tout en faisant en sorte que nous donnions la vie : nous, notre humanité et notre planète. Nous sommes en train de naître à nous-même.

pasteur Marc Pernot